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Comme nous l’avons vu dans la partie sur la naissance de King Seiko, la première Grand Seiko est née de la Marvel (ou merveille en français), dont le mouvement a évolué pour la Crown avant de devenir le fameux calibre 3180.

Seiko Marvel

Seiko Crown

Quand Tsuneya Nakamura est mis à la tête du projet Grand Seiko, il décide que cette montre devra être la meilleure montre au monde. Une montre belle, précise et lisible. Une montre «de luxe». Le choix est fait de laisser de côté toute considération pécuniaire et de mettre tout le savoir-faire de Suwa dans cette montre. Le boitier reçoit un épais placage en or, le meilleur mouvement de la maison se voit encore amélioré, le nom Grand Seiko sera gravé à la main dans le cadran, certains seront ornés d’index en or massif. Tout dans cette montre doit respirer le haut de gamme. Une version spéciale pour Wako sera même fabriquée en platine. Puis finalement, les coûts de fabrication élevés pousseront les équipes de Suwa a légèrement revoir leur copie et faire quelques économies, entres autres en diminuant la qualité du placage avec un or 14 carats, un logo appliqué, des index plaqués etc.

Grand Seiko 1960

Cette montre rencontrera un grand succès au Japon et la marque Grand Seiko se pérennise.

En 1963 sort le deuxième modèle de Grand Seiko, la 57GS ref.43999 et son calibre 430, évolution du 3180 de la First, avec l’ajout d’une date rapide. Le modèle est surnommé Self-Dater. Il bénéficie d’une nouvelle technique de polissage inspirée du polissage et de l’aiguisage des lames des katana: c’est le fameux zaratsu.

En 1966, Seiko se voit interdire l’utilisation du terme « Chronometer » sur ses cadrans car le Japon ne dispose alors d’aucun observatoire agréé par le Comité International des Contrôles Chronométriques à qui le titre de Chronomètre ou Chronometer est attitré. Les Grand Seiko observent les normes chronométriques de l’observatoire de Bâle mais testent toutes les montres en interne, sans certification du CICC.

Les dirigeants de Grand Seiko décident donc de créer leur propre certification chronométrique en interne et mettent alors au point la norme Grand Seiko, plus stricte que toutes les normes Suisses. Cet épisode aura de nombreuses conséquences pour Grand Seiko sur lesquelles nous reviendrons dans notre blog, mais la première GS a bénéficier du nouveau standard de chronométrie GS est la troisième version de la 57GS (calibre 5722B).

La disparition de la mention Chronometer des cadrans GS – ainsi que la disparition du médaillon du lion qui ornait ces pièces – peut sembler être au mieux un détail, au pire une provocation de la part des Suisses. Elle tombe finalement bien pour Seiko qui travaillait depuis la Marvel à l’amélioration de la chronométrie de ses mouvements et leur permet ainsi de montrer leur supériorité horlogère et la qualité de leurs calibres. On peut voir cet épisode comme étant le début de ce dont rêvait Seiko: dépasser les Suisses.

Alors que les normes chronométriques Grand Seiko surpassent celles des marques du vieux continent, Seiko ne s’arrête pas là en commercialisant quelques années plus tard des Grand Seiko Special et VFA, données respectivement pour -3/+3 s/j et -2/+2 s/j, bien loin des normes Suisses. Cette prouesse horlogère fut rendu possible par la recherche et le développement mis en place lors de la participation et des victoires aux concours de chronométrie Suisse.

Bien que l’excellence chronométrique soit au cœur de ce qu’est Grand Seiko, il est impossible de ne pas évoquer l’autre caractéristique propre aux GS, à savoir leur design.
Si l’on revient un petit peu en arrière c’est-à-dire aux deux premiers modèles de GS, la «First» et la 57GS, on voit que le design de la 57GS est une version modernisée de celui de la First, qui est lui-même dans la veine de ce que faisait Seiko avec la Marvel ou la Crown.

Il faut bien comprendre qu’à cette période, le design tel qu’on l’entend aujourd’hui n’existe pas au Japon et le terme qui s’en rapproche désigne ceux qui conçoivent les cadrans. Le design d’une montre n’est pas le fruit d’une réflexion globale mais l’addition des choix de construction du boitier d’un côté, du cadran de l’autre.

Finalement Seiko embauchera son premier designer en la personne de Taro Tanaka, diplômé d’école d’art. Lorsqu’il commence à se pencher sur le design de Grand Seiko, il se rend à Wako, grand magasin de luxe appartenant à Seiko et situé dans son bâtiment historique de Ginza. Il constate que les montres Suisses attirent plus l’œil en vitrine que leurs voisines les Grand Seiko. Il décide donc de mettre au point un ensemble de lignes directrices qui ont pour but de démarquer visuellement les GS du reste de la production horlogère. C’est ainsi qu’il mit au point la Grammaire du Design, dont les points principaux consistent à n’utiliser que des surfaces plates ou en deux dimensions, des angles très nets, un poli miroir parfait, une lunette à deux plans, un cadran plat,…

La première incarnation de cet ensemble de règles est la mythique 44GS, modèle iconique à bien des égards et sûrement la plus belle interprétation de la Grammaire du Design. Le reste de la production GS sera profondément marquée par un design soigné, intemporel (ce design est toujours très apprécié 50 ans plus tard) et permit par une maîtrise parfaite des techniques de polissage des boitiers. La complexité de ces pièces laissent rêveur plus d’un demi-siècle plus tard, tant dans leur design que dans leur réalisation.

De très nombreux modèles de GS seront produits pendant 15 ans, avant que le raz-de-marée du quartz relègue les phénoménaux calibres mécaniques de Grand Seiko au placard et que les GS sortent du catalogue en 1976. Il faudra attendre 23 ans pour revoir une GS mécanique sortir des usines Seiko, mais ça, c’est une autre histoire…

Nous explorerons plus en détail les différents modèles de Grand Seiko ayant existé via différents articles sur notre blog.